Paris, 1928. Un peintre en deuil cherche à parler à sa femme morte. Une femme sans le sou improvise le rôle de médium pour voler de la nourriture. Pierre Salvadori transforme cette rencontre absurde en quelque chose d'une délicatesse rare, et signe avec La Vénus électrique un film d'ouverture de Cannes qui ressemble, pour une fois, à un vrai cadeau.
Pierre Salvadori, réalisateur d'En liberté! et Hors de prix, est chez lui dans ce registre, celui de la comédie qui cache autre chose. Pio Marmaï incarne Antoine Balestro, peintre veuf paralysé par le deuil, avec une retenue qui surprend. Anaïs Demoustier est Suzanne : foraine improvisée en voyante, qui tombe amoureuse de l'homme qu'elle manipule. Gilles Lellouche en galeriste complice, Vimala Pons et Gustave Kervern complètent le tableau.
Le film tient un équilibre fragile entre vaudeville, deuil et romance impossible, sans jamais basculer dans la facilité. Anaïs Demoustier porte tout cela avec une légèreté qui semble naturelle. Les décors des années folles ont une vraie présence visuelle, et Pierre Salvadori ne force jamais le trait. Quand l'émotion arrive, elle arrive par surprise.
Le deuxième acte marque quelques longueurs : la mécanique se relâche, certaines sous-intrigues tardent à trouver leur place. Mais le film reprend son souffle et retrouve toute sa grâce en fin de parcours. Un vaudeville imparfait, comme ses mensonges. Et sincère, comme ses personnages.
"Anaïs Demoustier ment. C'est le film le plus sincère de l'année."
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