Vingt ans après le succès mondial du Diable s'habille en Prada, David Frankel et la scénariste Aline Brosh McKenna réunissent à nouveau le même trio. Miranda Priestly (Meryl Streep), la toute-puissante rédactrice en chef du magazine Runway, rappelle son ancienne assistante Andy Sachs (Anne Hathaway) pour tenter de sauver la publication, fragilisée par la montée en puissance de la fast-fashion et des plateformes numériques. Pendant ce temps, Emily Charlton (Emily Blunt), l'autre assistante du premier film, a tracé son chemin et dirige désormais un grand groupe de luxe.
Le film s'appuie sur un changement de rapport de forces entre ses personnages. Miranda, autrefois intouchable, évolue dans un monde qui ne lui obéit plus comme avant, ce qui impose au personnage une fragilité nouvelle et ouvre le film à un registre plus nuancé que le premier opus.
Meryl Streep (Le Diable s'habille en Prada, Kramer contre Kramer) retrouve Miranda Priestly dans une version plus intérieure du personnage, jouant sur le doute plutôt que sur la terreur. Elle compose une femme qui vacille pour la première fois, sans savoir comment gérer cette incertitude, ce qui rend Miranda plus complexe et plus humaine qu'elle ne l'a jamais été à l'écran.
Anne Hathaway (Les Misérables) retrouve Andy Sachs vingt ans plus tard, devenue journaliste accomplie mais toujours marquée par cet épisode fondateur de sa vie professionnelle. Emily Blunt (Oppenheimer) incarne quant à elle une Emily Charlton désormais au sommet, sûre d'elle et redoutable, qui s'impose dans chacune de ses scènes.
En arrière-plan, le déclin de la presse écrite face aux algorithmes constitue le véritable sujet du film, une toile de fond que David Frankel maintient tout au long du récit et qui donne à cette suite une raison d'être au-delà de la simple nostalgie.
"Miranda est de retour, moins effrayante et plus humaine. C'est là que le film surprend vraiment."
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