Critique Manéci. Biopic. Histoire. Cannes 2026

La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer. Un homme seul, une radio, et toute la France à convaincre.

Manéci. 2026. Antonin Baudry. Avec Simon Abkarian, Niels Schneider, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz.

Affiche La Bataille de Gaulle : L'Âge de fer

Juin 1940. La France signe l'armistice. À Londres, un général de 49 ans prend le micro d'une radio étrangère et parle à un pays qui ne l'a pas mandaté, qui n'est pas encore là pour l'entendre, mais qu'il faut convaincre que la guerre continue. Antonin Baudry commence là, à ce moment d'avant, quand tout est à perdre et que la seule chose qui reste, c'est la parole.

L'Âge de fer couvre cinq ans, de l'Appel du 18 juin 1940 à la Libération, et ce qui intéresse Antonin Baudry, c'est moins la chronologie que ce qu'elle révèle : les négociations épuisantes, les humiliations subies, les alliances construites avec des partenaires qui ne font pas confiance à cet homme sans armée, sans territoire, sans légitimité officielle. Le réalisateur avait filmé les hommes sous pression dans Le Chant du Loup (2019) ; il retrouve ce registre à une échelle autrement plus chargée.

Simon Abkarian incarne de Gaulle sans imiter. Il en restitue la stature et l'entêtement, cette façon d'occuper l'espace même quand on n'a aucune raison de le faire. Autour de lui, Benoît Magimel (La Pianiste, 2001, Pacifiction, 2022), Niels Schneider et Mathieu Kassovitz incarnent chacun un rapport différent à la même période : des hommes qui ont dû choisir, et dont le film ne juge pas les choix.

Sélectionné Hors Compétition à Cannes 2026, L'Âge de fer est le premier volet d'un diptyque dont la seconde partie, J'écris ton nom, sort en juillet. Antonin Baudry a choisi de ne pas tout condenser en un seul film, et ce premier volet donne envie de voir comment il referme.

Le verdict Manéci

"Un biopic qui regarde de Gaulle droit dans les yeux, sans le mettre sur un piédestal."

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