Il y a des films qu'on revoit différemment selon l'âge. Coup de tête fait partie de ceux-là. Jean-Jacques Annaud l'a construit à partir d'une expérience personnelle. Patrick Dewaere joue François Perrin, attaquant médiocre d'une équipe de province, accusé à tort d'un viol qu'il n'a pas commis. La ville l'abandonne. Puis, quand elle a besoin de lui pour gagner le match décisif, elle revient le chercher en prison.
Jean-Jacques Annaud filme la lâcheté collective avec une précision qui fait encore mal. La comédie ne cache pas la cruauté, elle la rend plus lisible. Patrick Dewaere porte le film avec une légèreté de surface qui laisse passer quelque chose de beaucoup plus sombre en dessous. Pierre Bachelet signe une bande originale qui reste en tête longtemps après le générique.
Ce n'est pas un grand film au sens académique. C'est mieux : un film qui dit quelque chose de vrai sur les gens, sur les petites villes, sur la façon dont une communauté fabrique ses boucs émissaires et ses héros selon ses besoins du moment. Quarante-cinq ans après, rien n'a changé.
"Un film sur la lâcheté collective. Patrick Dewaere au sommet."